Alors que nous dépassons le cap des 200 jours de la pandémie de COVID-19, l’Institut urbain canadien (CUI) a publié un nouveau rapport montrant que les personnes marginalisées et les économies locales dans les villes canadiennes subissent des impacts importants liés à la pandémie.
S’appuyant sur des informations de santé publique et des sondages auprès de 91 000 Canadiens, le COVID Signpost 200 montre que les impacts de la pandémie continuent de se faire sentir de plus en plus profondément dans les communautés urbaines, les 20 plus grandes villes du Canada représentant 42% de la population, mais 64% des cas de COVID et 75% des décès. Le rapport examine également de plus près comment la pandémie a changé la façon dont les gens vivent, déménagent, travaillent, prennent soin et gèrent en ville.
Les Canadiens racisés, autochtones et à faible revenu continuent d’être touchés de façon disproportionnée. Par exemple, les Canadiens noirs ont été 2,6 fois plus susceptibles que la population globale de subir des pénuries alimentaires pendant la COVID, et les peuples noirs et autochtones sont 1,9 fois plus susceptibles que la population globale de déclarer des impacts sur la capacité de payer le loyer.
Les rues principales et les économies locales ont également subi de lourdes conséquences. Le rapport examine comment, malgré une réouverture en grande partie, l’activité commerciale n’est pas revenue aux niveaux d’avant la COVID pour de nombreuses entreprises locales, avec des effets ressentis également sur d’autres lieux de la rue principale : bibliothèques, installations récréatives, écoles, sites culturels, entre autres.
Le rapport met en garde sur trois grandes questions urgentes dans les villes et les communautés canadiennes qui doivent être clairement sur notre radar dans les semaines et mois à venir : les menaces aux économies locales, aux rues principales et aux centres-villes; l’approfondissement continu des inégalités urbaines systématiques; et les arrangements financiers et de gouvernance défaillants pour les villes.
« Ne pas répondre à ces signes représente une grave menace pour la durabilité et la reprise de nos villes, et donc du pays, après la pandémie », affirme Mary W. Rowe, présidente-directrice générale de CUI. « Nous devons collectivement réimaginer et planifier les villes que nous souhaitons, et comment nous pouvons profiter de l’occasion pour un programme de relocalisation, afin d’autonomiser et d’équiper les gouvernements locaux, les communautés et les résidents afin de créer des solutions basées sur le lieu pour ce qui doit venir. »
Parallèlement au rapport de recherche, CUI publie également sept Perspectives régionales, rédigées par des leaders d’opinion d’un océan à l’autre. Des perspectives du Canada atlantique, du Québec, de l’Ontario, des Prairies, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et des Territoires plongent sur la façon dont les tendances et changements révélés dans le rapport se manifestent dans différentes régions du pays.
L’Institut urbain canadien organise également des événements toute la semaine pour explorer ces priorités urbaines et faire le point avec les leaders locaux et régionaux sur les impacts des 100 derniers jours sur leurs villes, ainsi que sur les priorités pour les prochains.
Disponible en français aussi.